Un spam (en français "pourriel" ou encore "junk mail" en Amérique) est un courriel qui contient dans la plupart des cas une publicité, envoyé sans l'accord de son destinataire.
Des listes d'adresses email sont constituées par les spammeurs qui utilisent des logiciels pour récupérer des adresses email sur les forums ou tout autre forme de site web. Ces listes sont souvent revendues très cher à d'autres spammeurs.
2. Impact
Le spam provoque dans le système mondial de communication d'importants dégâts dû avant tout à la quantité des données supplémentaires et les coûts superflus entrainés par leur traitement.
§ Le tri et la lecture des spam sont coûteux en temps de travail.
§ Le filtre des spams doit être surveillé et continuellment modifié.
§ Étant donné que les entreprises et les fournisseurs de services Internet en général facturent non pas à la durée, mais à la quantité de données transmises , chaque octet de spam génère des coûts supplémentaires.
§ Le traitement des messages peut être la cause de panne ou d'un ralentissement du trafic de messagerie. Pour compenser la surcharge de travail, l'achat de nouveaux matériels plus performants est souvent nécessaire.
§ En cas de spam par fax, surcoûts par la consommation de papier et d'encre ou de toner.
Pour les seuls États-Unis, le spam représente un préjudice de 22 milliards de dollars par an,.
3. Origine du mot
L'association de spam et de indésirable provient d'un sketch comique des Monty Python dans lequel le même mot, désignant un jambon en boîte de basse qualité, envahit la conversation et le menu d'un petit restaurant. SPAM est la contraction de SPiced hAM (jambon épicé) et est une marque créée et déposée par Hormel Foods en 1937 .
Ce sketch parodiait d'ailleurs une des premières formes de message indésirable. En effet c'est une publicité radiophonique pour SPAM, pendant laquelle la marque était répétée de nombreuses fois, qui est à l'origine du sketch des Monty Python.
Ce « pâté » a largement été utilisé par l'intendance des forces armées US pour la nourriture des soldats. Un dessin dû à la plume du sergent George Baker montre tout le cas que les soldats faisaient de cette nourriture considérée comme une cochonnerie lassante et décourageante. Incidemment George Baker est le créateur d'un personnage devenu célèbre : the Sad Sack paru pour la première fois en 1942 dans Yank dont les dessins ont été réunis par l'éditeur Simon & Schuster en 1944. Dans cet ouvrage vers la fin du volume (non paginé) figure un ensemble de sept dessins dont le titre générique est « SPAM ». Le copyright est de 1944. Il s'agirait de la première émergence publique du mot pour désigner un objet repoussant dont on aimerait bien ne pas être le destinataire.
Le premier « pourriel » part le 3 mai 1978. Ce jour-là, Gary Thuerk, qui travaille au service marketing du fabricant américain d'ordinateurs DEC, envoie un courrier électronique à plusieurs centaines d'utilisateurs du réseau Arpanet - l'ancêtre d'Internet - pour les inviter à la présentation en Californie d'une nouvelle gamme de machines. Il entre toutes les adresses à la main (!) - méconnaissant la possibilité de créer une mailing list .
A l'époque, il n'a pas eu l'impression de mal faire : selon lui, l'information était censée intéresser la communauté des utilisateurs d'Arpanet, les nouvelles machines DEC intégrant directement le logiciel compatible avec ce réseau. L'administration américaine en charge du réseau, la DCA, rappela sèchement DEC à l'ordre sur cette pratique jugée incompatible avec le réseau.
Les réactions des destinataires furent, elles, globalement négatives. Certains estimèrent néanmoins que l'information n'était pas sans valeur pour la communauté. Parmi eux, un certain Richard Stallman, de l'université du Massachusetts (MIT), devenu depuis le pape du logiciel libre. N'ayant pas reçu le message de Gary Thuerk, il indiqua que cela ne l'aurait pas dérangé, en tout cas moins que les « tonnes de messages inintéressants ou à propos de naissances de bébés... »
Voilà pour la petite histoire. Le spam ne deviendra évidemment un fléau qu'avec la naissance du Web et l'accroissement incessant du nombre de personnes connectées.
Le premier « pollupostage » de masse, en avril 1994, sur le réseau de discussion Usenet fut le fait de deux avocats, Laurence Canter et Martha Siegel, dans le but de vanter leur cabinet installé à Phoenix, en Arizona. Loin de s'excuser, ils écrivirent même un livre : How to make a fortune on the information superhighway. Tout un programme !